? Toi Maman_Au jardin de Valentine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           

Premier cri, premier sourire sur cette terre

Meurtrie par la révolution, traumatisée

Au sein d'une tribu de soeurs et frères

Envers et contre tout, tu faisais ton entrée.

 

Les jours prochains s'annonçaient difficiles

Ton père n'avait pu résister à la famine

Premier chagrin, premières armes de petite fille

Ta force, ton courage prenaient racine !

 

Les filles à la maison, les garçons à l'armée,

Deux obsessions s'imposaient dès potron minet

Travailler, économiser pour survivre, exister...

Parfois en pointillé, lire un conte de fée...

 

Un jour, elle t'a arrachée à ton pays la guerre

Alors que tu étais encore écolière

Sans discussion, tu devais faire tes bagages

Et d'autorité partir pour le grand voyage

 

Tes yeux hagards témoins d'un profond chagrin

Lors de la séparation d'avec les tiens

Au moment de monter dans ce wagon plein

Qui devait te conduire vers cet inconnu destin...

 

...N'eurent d'explication qu'après bien des jours

D'interrogations, de tristesse, de douleurs.

Mais alors que, forcés, vous étiez en plein labeur

Soudain, une étincelle t'éclairait...le grand amour...

 

Qui t'offrait une épaule douce et solide.

A deux, ces jours gris paraissaient moins sombres,

Ces nuits agitées, paraissaient moins longues

Vos forces unies pour la victoire étaient de mise.

              .../...

    .../...

Après de longs mois, départ pour un nouveau pays

Dans ton coeur, imprégnés tes parents, tes amis

Les parfums de ta terre t'avaient suivie,

Mais t'attendait désormais, une nouvelle vie.

 

L'accueil peu enthousiaste de cette nouvelle famille

Se révélait, au fil des jours, des plus difficiles

L'inconnu pour toi, et pour eux tu étais l'étrangère

Tu en devais le tribut d'être exemplaire...

 

Les épreuves, les défis quotidiens,

Les performances ne t'effrayaient pas

Tu maîtrisais notre langue en quelques mois

Tu te glissais dans ces nouvelles coutumes si bien...

 

Que ces bons plats mijotés, parfumés

Si appréciés, n'avaient plus de secret pour toi

C'était une vraie fête à chaque repas!

Les éloges étaient ta récompense et notre fierté...

 

Ton goût inné pour la couture, les ouvrages

Palliaient convenablement aux besoins du ménage

Tes dons multiples épataient l'entourage

Parfois suscitaient jalousies au sein du village

 

Ton enthousiasme né, cette soif de progrès

Ta ténacité, tu as su nous les communiquer

Entre deux travaux, tu prenais un cahier

Pour ces règles de grammaire, décortiquer...

 

Travaux des champs ou travaux délicats,

Tu réussissais tout ce que tu touchais des doigts

Toujours dans la gaieté, un p'tit air par ci, par là,

Cette force, cette beauté, Maman, c'est bien toi...!

          Valentine ( J.C. ) 19/05/06

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